le cuirassé Potemkine

Date et heure de cette séance
Date
dimanche 27 Sep 2026
Heure
17h30

Le Cuirassé Potemkine

De Sergueï Eisenstein
1h08, Union soviétique, 1925
Avec Grigoriy Aleksandrov, Sergei Eisenstein, Aleksandr Antonov

100 ans d’existence de ce monument cinématographique…

Considéré par de nombreux critiques comme l’un des plus grands films de tous les temps, Le Cuirassé Potemkine de Sergueï M. Eisenstein est bien plus qu’une œuvre cinématographique : c’est un séisme esthétique. Tourné en 1925 pour célébrer le vingtième anniversaire de la révolution russe de 1905, le film est resté célèbre pour son montage révolutionnaire et la puissance émotionnelle de ses scènes cultes, comme le massacre tragique sur les escaliers d’Odessa.
Projeté pour la première fois en Union Soviétique le 24 décembre 1925 au Théâtre du Bolchoï à Moscou c’est seulement en novembre 1926 que la France découvre le film avant son interdiction par la censure pendant 27 ans. Objet cinéphile sacré et subversif des ciné-clubs, de passeurs en passeurs, il devient l’un des films les plus importants de l’histoire du cinéma dont on ne compte plus les citations et hommages et demeure aujourd’hui le symbole universel de la lutte contre l’oppression.

En 2004, l’histoire du film prend un nouveau tournant. À l’invitation de l’Institute of Contemporary Arts de Londres, le duo mythique de la pop britannique, les Pet Shop Boys, imagine une nouvelle partition pour accompagner ce chef-d’œuvre muet. Composée avec le concours de Torsten Rasch et orchestrée par l’Orchestre Symphonique de Dresde sous la direction de Jonathan Stockhammer, elle mêle nappes synthétiques, rythmes électroniques et souffle épique orchestral. La création fut dévoilée le 12 septembre 2004 lors d’un concert gratuit mémorable à Trafalgar Square devant plus de 25 000 spectateurs.

Dimanche 27 septembre – 17h30

Présenté par Melaine Meunie
Institut Jean Vigo, Perpignan

Suivi d’un échange avec le public

Trop longtemps, seuls les 25 000 spectateurs de la représentation de Trafalgar Square ont pu témoigner du résultat. Pour la grande majorité des cinéphiles ou des fans du duo anglais, assister à cette création relevait du fantasme. Heureusement, Potemkine (la société de distribution, pas le cuirassé) a décidé de rendre heureux tous les curieux avec cette reprise du chef d’œuvre d’Eisenstein version Pet Shop Boys… vingt-deux ans après le concert londonien. Et un siècle après la première projection française.
D’abord muet, le film a connu différentes bandes son au fil du temps. Les choix de musique et de sa synchronisation ont, d’ailleurs, toujours été sources de critiques et de mécontentements. Les musiques de Meisel, Chostakovitch et, à partir de 1970, de Krioukov alourdissent le propos, ancrent l’œuvre dans une époque, la figent dans son statut de monument historique. Voire, parfois, accentuent le pathos et détournent du propos. Ici, c’est tout l’inverse : la composition des Pet Shop Boys permet de dépoussiérer la bobine et de lui donner une seconde jeunesse en introduisant une distance synthétique, une modernité froide, quasi irréelle par moments, qui apporte un tout nouveau souffle épique. Au début, ça surprend. Puis, petit à petit, on s’y fait. La BO en vient à souligner le style d’Eisenstein, fluidifie la narration et hybride le tout, le faisant transiter du film expressionniste expérimental au clip hypnotique. Quitte à y inoculer, parfois, une certaine esthétique post-punk des 80s. Sacrée expérience. Et pour ceux qui en doutaient, la scène du massacre sur les marches d’Odessa ne perd rien de sa dimension horrifique : le motif mélodique et répétitif renforce le tragique et y ajoute même une dimension toujours plus glaçante, faisant des soldats des sortes de robots mécaniques, dénués de morale et d’humanité. So Film