Animal totem

Date et heure de cette séance

Date

mardi 16 Déc 2025
Expiré!

Heure

20h30

Animal totem

De Benoît Delépine
1h29, France
Avec Samir Guesmi, Olivier Rabourdin, Solène Rigot, Pierre Lottin, Patrick Bouchitey

SORTIE NATIONALE

De l’aéroport de Beauvais à La Défense, accompagné de sa valise à roulettes, Darius traverse à pied campagnes et banlieues pour mener à bien, et sans empreinte carbone, une mystérieuse mission.

Mercredi 10/12   20h30
Jeudi 11/12   18h15
V
endredi 12/12   16h15 et 20h30
Samedi 13/12   15h
D
imanche 14/12   17h30
M
ardi 16/12   20h30*

CRITIQUE DU FILM

Après dix films co-réalisés avec son complice Gustave Kervern – de Aaltra (2004) à En même temps (2022), en passant par Le Grand Soir (2012) ou Saint Amour (2016) – Benoît Delépine signe son premier long métrage en solo.

La tonalité du film reste fidèle à l’ADN du réalisateur franco-grolandais : goût du non-sens, humour absurde et critique sociale. Comme toujours chez Delépine, Animal Totem dépasse la simple farce pour se poser en fable écologique et anti-capitaliste. Il y ajoute une fibre antispéciste en rappelant sans cesse que l’humain n’est pas seul sur Terre. Plusieurs parenthèses filmées adoptent ainsi le regard d’animaux. Ce procédé, inattendu, invite le spectateur à percevoir l’environnement et les gestes humains depuis une conscience non-humaine, et à reconsidérer sa place dans l’écosystème.

Cette démarche est soutenue par un travail visuel singulier. Pour mettre en images son film, Benoît Delépine a choisi un format atypique, très panoramique, tourné avec la nouvelle caméra Sony Burano. L’image, soignée, recourt à des effets anamorphiques pour traduire la vision animale. L’ensemble confère au film une étrangeté poétique, renforcée par la musique de Sébastien Tellier qui accompagne cette errance avec élégance.

Au-delà de ses qualités comiques, Animal Totem frappe par sa capacité à faire coexister satire et poésie. Le film ne se contente pas d’épingler les travers sociaux : il élargit la perspective pour rappeler la fragilité du vivant et la nécessité de le protéger. Ce regard animal, fil conducteur discret mais constant, transforme la pérégrination de Darius en une prise de conscience partagée avec le spectateur. Drôle, corrosif et porté par une vraie conviction, le film réussit à transformer une succession de sketches en une rêverie engagée et sincère : l’utopie comme remède au réel. lebleudumiroir.fr